Les modalités de fonctionnement des opérateurs de compétences (OPCO), qui accompagnent les entreprises en matière de formation professionnelle, évoluent. L’objectif est de mieux encadrer leurs frais et d’améliorer la visibilité sur l’utilisation des fonds consacrés à la formation. Quel impact cette rationalisation peut-elle avoir pour les entreprises ?
Financement des OPCO : un accent mis sur la transparence des frais
Pour mémoire, les opérateurs de compétences (OPCO) accompagnent les branches professionnelles et les entreprises dans le financement et la mise en œuvre des actions de formation professionnelle.
À ce titre, ils gèrent des fonds issus notamment des contributions obligatoires versées par les entreprises, redistribuées via France compétences.
Dans un contexte budgétaire contraint, les pouvoirs publics cherchent désormais à mieux maîtriser les coûts de fonctionnement de ces organismes.
L’objectif affiché est de rationaliser leur organisation tout en veillant à ce qu’une part plus importante des fonds bénéficie directement au financement des actions de formation.
Dans cette logique et depuis le 1er mars 2026, certaines dépenses sont désormais clairement identifiées comme des frais de gestion.
C’est notamment le cas des coûts liés au traitement et au suivi des dossiers d’apprentissage et de professionnalisation, ainsi que des dépenses engagées pour contrôler la réalisation et la qualité des actions de formation.
Ces frais font partie des dépenses dont le montant est encadré dans les conventions conclues entre les OPCO et l’État.
Par ailleurs, toujours à compter du 1er mars 2026, davantage d’informations devront être communiquées sur le fonctionnement des opérateurs. Les OPCO seront notamment tenus de :
- préciser les services proposés aux entreprises et aux branches professionnelles ;
- présenter l’évolution prévisionnelle de leurs effectifs et de leur masse salariale ;
- transmettre certaines données relatives aux rémunérations les plus élevées.
Les modalités de limitation des dépenses évoluent également. Les frais de gestion, d’information et de mission feront désormais l’objet de plafonds clairement définis.
Une certaine souplesse est toutefois prévue : les dépenses liées aux missions des OPCO pourront être augmentées à condition qu’une réduction équivalente soit réalisée sur les frais de gestion.
Enfin, les règles d’utilisation de la dotation destinée au financement de l’alternance évoluent également.
La part minimale de ces fonds que les OPCO doivent consacrer à la prise en charge des contrats d’alternance et de leurs frais annexes est ainsi portée de 92 % à 95 %.
L’objectif est de garantir qu’une part plus importante des financements bénéficie directement au financement des contrats d’apprentissage et de professionnalisation.
Enfin, le respect des plafonds de dépenses sera désormais apprécié sur plusieurs années et non plus uniquement sur une base annuelle, afin de permettre un pilotage plus global et plus durable des dépenses.
- Décret no 2026-104 du 19 février 2026 relatif au financement de l’alternance par France compétences
- Décret no 2026-133 du 27 février 2026 relatif à l’encadrement des frais de gestion, d’information et de missions des opérateurs de compétences
- Décret no 2026-134 du 27 février 2026 relatif aux modalités de plafonnement des frais de gestion, d’information et de mission des opérateurs de compétences
OPCO : un encadrement renforcé des frais de fonctionnement – © Copyright WebLex



